Les compétences numériques sont-elles naturelles ?

Réalisation à très faible budget dans le cadre du Master 2 Communication Scientifique de Strasbourg, d’un objet artistique servant de support à un exposé.

Cette présentation vise à donner une réponse, ou du moins des pistes de réflexion à la question: les compétences numériques (mathématiques) sont-elles naturelles ?

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Le publique pénètre troublée dans la salle d’exposition. Face à eux l’œuvre « Encépheuille ». Cette réalisation se perçoit visuellement au premier abord, mais le tactile peut également être mis à contribution en glissant nos doigts à l’intérieur de l’encéphale d’aluminium. L’ovoïde argenté bardé de nerfs rouges et verts m’a permis à mettre en évidence que la réponse à la problématique posée était pour moi : « Oui, les compétences numériques sont naturelles ».

Pour cela je suis partis du principe que le naturel, relève d’une transmission biologique d’un patrimoine, tandis que le culturel correspond plutôt à une transmission sociale de l’ordre intellectuel. Ce qui différentie le culturel du naturel, c’est donc le type d’apprentissage.

Compter est considéré ici comme une compétence numérique de base et son caractère naturel est démontré par sa présence chez de nombreux animaux. Des expériences scientifiques ont confirmé que les rats savent compter jusqu’à 10, les corbeaux 8, le macaque 5 et il existe bien d’autres cas. Le chimpanzé par exemple arrive à ordonner les nombres de manière croissante à une vitesse plus rapide que certains étudiants ! Le processus exact de comptage n’est pas encore bien connu. Mais qu’est-ce que cela apporte aux animaux ? La fourmi, par exemple, possède un « pédomètre » afin de déterminer l’itinéraire le plus court entre la fourmilière et sa nourriture. Le lion estime la taille d’un groupe adverse selon le nombre de rugissements différents etc. Les intérêts sont multiples et propres à l’espèce considérée.

Cette œuvre est symbolique, même dans les détails : l’ovoïde représente un cerveau humain, le matériau de base est de l’aluminium et symbolise ce qui est construit par l’Homme. L’éclairage interne symbolise la compétence numérique elle-même, génératrice de pensées. Autour d’elle, herbes, feuilles et branchages indiquent que la nature est infiltrée à l’intérieur du cerveau ! Les lunettes sont une métaphore des mathématiques, un des filtres à travers lequel l’Homme regarde le monde. Les nerfs rouges alimentent le cerveau et correspondent aux mécanismes internes du raisonnement tandis que les verts représentent la nature qui s’enlace et interagit dans les mécanismes cérébraux. L’Encépheuille repose sur trois piliers qui puisent à la source l’inspiration nécessaire à la réflexion. Une branche de la nature vient subtilement s’enrouler autour des piliers.

Avec cette réalisation, j’ai cherché à montrer que les compétences numériques simples sont naturelles et innées. Un nourrisson par exemple, sait compter dès quatre mois. Cette compétence peut être développée même si l’enfant est coupé du monde extérieur pendant sa jeunesse, contrairement au langage.

Ces aptitudes basiques sont, au final, culturellement exploitées et développées, ce qui amène de la complexité et génère des opérations mathématiques telles que les multiplications, les équations etc.

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