Le Grand Public n°17 – « Consommer moins et mieux : voilà le message »

[Article destiné à être publié sur le web-journal Le Grand Public dans le dossier pour lequel je suis rédacteur en chef, le n°17: A fleur de science ?]

Rencontre avec Caroline Vilatte, médiatrice scientifique au Jardin des Sciences de Strasbourg et co-conceptrice de l’exposition « ÉNERGIES », présentée du 10 octobre 2012 au 31 mars 2013, à la Galerie d’Actualité Scientifique de Strasbourg*.

C’est l’année des énergies durables. Avez-vous cherché à orienter votre exposition sur un aspect en particulier des énergies ?

Non. Nous n’avons pas favorisé une énergie plus qu’une autre dans cette exposition. Nous nous centrons plutôt sur le rapport que l’Homme entretient avec les énergies et comment il les utilise. Nous traitons donc des énergies au sens large. L’exposition présente aussi une partie historique avec l’essor du transport, des énergies fossiles, de l’industrie et de la naissance de l’électricité, pour ne citer que ceux-là. Mais une part importante est consacrée aux problèmes de l’utilisation massive des énergies. A partir de cet aspect, l’exposition rebondit sur la recherche qui est consacrée aux énergies renouvelables. En fait, notre message a réellement une visée sur le durable pour que le visiteur prenne conscience que la consommation d’énergie croît de manière démesurée. Nous essayons de montrer cela sans nécessairement montrer les nouvelles technologies mises en œuvre. La simple modification de notre rapport à l’énergie joue pour beaucoup dans notre consommation. Consommer moins et mieux, voilà le message que l’on souhaite diffuser.

Avez-vous adopté une démarche spécifique pour faire venir un public ciblé, ou est-ce une exposition pour tout public ?

Nous visons surtout un public scolaire, mais tout le monde est le bienvenu. Christelle Spettel, responsable de l’action pédagogique, s’est depuis longtemps, énormément investit auprès des scolaires. Elle a ainsi réussi à fidéliser un public auquel nous consacrons cette exposition. Nous sommes également relayés par les inspecteurs d’académie et les conseillers scientifiques. Le partenariat avec le milieu scolaire est vraiment solide.

Comment avez-vous conçu les animations dans votre exposition ?

L’exposition porte beaucoup sur l’énergie, mais pas nécessairement les énergies renouvelables. L’important avec les animations c’est justement de faire passer ce côté là. L’aspect ludique contribue pour beaucoup à diffuser cela. Avec les collèges et les lycées, nous suivons le trajet d’un jeans lors de sa fabrication pour calculer l’énergie grise. Il s’agit de l’énergie dépensée pour la fabrication. En fait, on se rend compte qu’il fait plus d’une fois le tour du monde ! Pas le jeans en lui-même, mais toutes les pièces. Elles sont récupérées en Australie, en Allemagne ou au Japon. Tout est assemblé en Tunisie et remonte finalement en Angleterre. Les élèves apprécient vraiment ce genre d’exemple. Pour eux c’est concret, actuel et cela les amène à se questionner.

Quel aspect caché de notre gestion énergétique cet exemple original et percutant met-il en évidence ?

Ce sont les énergies auxquelles on ne pense pas. C’est de l’énergie grise, de l’énergie cachée. Il s’agit de prendre conscience que derrière chacune de nos actions il se passe quelque chose. Ce n’est jamais exempt de conséquence. Si nous voulons aller vers le durable, nous pouvons, bien sûr, trouver de nouveaux moyens pour produire de l’énergie. Mais nous devons aussi réfléchir aux besoins réels de dépense en énergie. Nous n’y pensons jamais assez, et les expositions sont justement faites pour nous amener à réfléchir sur des choses auxquelles on ne pense pas tous les jours.

*7 rue de l’Université, 67000 Strasbourg

Propos recueillis par Florent GOUVARD

Publicités